Guinée : la junte dénonce une diplomatie de « guignols » de la Cédéao

 

Guinée : la junte dénonce une diplomatie de « guignols » de la Cédéao

La junte guinéenne a réagi vigoureusement à la sortie du président en exercice de la Cedeao, Umaro Sissoco Embaló sur la durée de la transition en Guinée.

Les autorités de la transition guinéenne ont qualifié de «honte» les propos tenus le mercredi 22 septembre 2022, sur Radio France internationale (RFI) et France 24 par Umaro Sissoco Embaló.

Dans un entretien diffusé par les deux médias français, quelques heures avant la tenue du sommet des chefs d’Etat la Cédéao à New York, en marge de la 77e assemblée des Nations unies, Embaló soutenait que la durée de trois ans décrétée par le pouvoir de Conakry était « inacceptable » pour la Cedeao.

Le président en exercice de la Cédéao avait ajouté que la Guinée risquait de « lourdes sanctions », si le pouvoir n'était pas transmis aux civils dans 24 mois.

Une sortie qui n’a plu aux autorités de la transition en Guinée. Dans une vidéo diffusée sur la page Facebook de la présidence guinéenne, le colonel Amara Camara charge Sissoco Embaló .

« Le mensonge grossier et les propos qui s’apparentent à de l’intimidation sont de nos jours des pratiques rétrogrades qui n’honorent pas son auteur et ternissent par la même occasion l’image de marque de la Cédéao. Nous ne pouvons pas porter cette honte », a réagi l’un des hommes forts de la transition en Guinée? par ailleurs Secrétaire général de la présidence de transition.

Les autorités guinéennes ont aussi qualifié de « mensonge » sciemment entretenu par le président en exercice de la Cedeao sur un prétendu accord de transition de 24 mois.

En effet, dans sa sortie médiatique, le président bissau-guinéen avait déclaré avoir obtenu lors d'une visite en Guinée un accord avec la junte pour une transition de deux ans.

Le colonel Amara Camara, a démenti cet accord, ajoutant que la Guinée «n’est pas dans une relation de guignols ou de téléréalité ».

CD/APA



Guinée: la junte qualifie de "guignol" le président de la Cédéao

La junte au pouvoir en Guinée s'est répandue jeudi en invectives contre le président en exercice de la Cédéao, le traitant de "guignol" avant un sommet de cette organisation où pourraient être discutées des sanctions contre la Guinée.

La junte reproche au président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embalo, ses déclarations aux médias français RFI et France 24 mercredi.

M. Embalo avait prévenu que la Guinée allait au devant "de lourdes sanctions" si la junte arrivée au pouvoir par la force en septembre 2021 persistait à vouloir s'y maintenir trois ans. Il avait réaffirmé avoir obtenu lors d'une visite en Guinée un accord avec la junte pour qu'elle cède la place à des civils élus au bout de deux ans, ce que la junte qualifie de "mensonge".

"Nous avons constaté avec étonnement et exaspération la nouvelle sortie de l’amuseur public de Bissau, un guignol dans le manteau d’homme d’État", a dit dans un communiqué le Premier ministre dit de transition, Bernard Goumou.

Il décrit M. Embalo comme un "type surexcité", arrivé "par effraction" à la présidence de la Cédéao.

"En plus de la proximité géographique, un lien de sang nous unit à la Guinée Bissau. Non ! Aucun arriviste politique encore moins un opportuniste mal briefé, ne nous amènera à détruire ce précieux héritage", renchérit-il.

Les dirigeants des Etats membres de la Cédéao devaient se réunir en sommet jeudi après-midi à New York en marge de l'assemblée générale des Nations unies, avec la situation en Guinée ainsi que la crise entre le Mali et la Côte d'Ivoire tout en haut de leur agenda.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le colonel Amara Camara, une des figures de la junte guinéenne et secrétaire général de la présidence dite de transition, reproche à M. Embalo d'avoir forcé la main de ses homologues ouest-africains pour la tenue d'un sommet en dehors d'Afrique de l'Ouest et de vouloir faire de même avec des sanctions contre la Guinée.

"En imposant à ses pairs la tenue de ce sommet en dehors de son espace géographique, son leadership aura permis de donner l'occasion aux autres de ne pas nous prendre au sérieux, à moins que ce ne soit son objectif", a-t-il lancé.

Le colonel Camara accuse M. Embalo, depuis son accession à la présidence tournante de la conférence des chefs d'Etat ouest-africains il y a quelques semaines, de s'illustrer par "ses prises de position personnelles au mépris de ses homologues présidents", et de "donner en spectacle" la Cédéao.

Il accuse le président Embalo de manœuvres pour faire prévaloir le candidat de son choix à une future présidentielle guinéenne.

Il qualifie de "mensonge grossier" les affirmations sur un engagement de la junte à une transition limitée à deux ans.

Source: AFP

Pin It